Tu sais que je n'en peux plus, la neige m'éblouit les oreilles, le bruit me cache la vue, tout ce blanc à n'en plus finir, cet infini de rien et de tout, cette douceur funéraire, cette fraîcheur délicieuse. Tu sais, tu es la seule.
Les étoiles s'effondrent puis deviennent flocons, subissant la métamorphose de ce monde sans couleur.
Tout s'efface peu à peu, cette vie n'a plus de titre, le ciel gomme le sol et le sol quitte la terre. Cet endroit sera-t' il toujours aussi doux ?
Une forêt d'arbres morts fait son apparition. Pourquoi êtes-vous devenus de simples nuages, si blancs, qu'on vous confondrait avec tout le reste ?
Vous n'avez plus besoin de moi. Maintenant laissez-moi. Apaisement. Je fond en flammes. Ca y est.
Un nouveau monde. Un rêve artificiel. Je me fous du choix. Le vide me ressent, il sait que j'ai besoin de lui. Tu sais, j'ai failli. J'ai failli être là, à ma bonne place.
Petite mort, calme plat. Parle. Le temps, tu sais, l'emporte sur tout. Tu veux, tu veux toujours plus, tu sais, non, tu ne sais pas, tu ne sais pas écouter. Pourquoi se coucher si tôt ? Le Soleil ne se repose jamais.
J'arrive, je rampe, je m'accroche.
Pas toi, tu sais, je t'aimais, non tu ne pouvais pas savoir.
Ce vent, si froid, si cruel, dans mes pensées, aspire mon souffle, étouffe mes veines.
Saison sèche, pas d'émotions. Sors de là et viens.
Je sais que tu sais décrire, détruire cette barrière derrière, qui nous ne permet rien, qui nous empêche tout. Tu as les clés de cette porte glacée mais tu ne veux pas l'ouvrir car ça te plait comme ça. Dégage, des gages de bonté j'en ai assez fait. Retour au néant. C'est mieux, tu sais. Ne reviens plus. La nuit. Le réveil. C'est fini.
La vie commence.
(Ya des soirs comme ça...)
Photo © Vinc2 (Pré de Vassy, Seynod)