Il y a exactement 18 ans,
Le ciel était si immense,
La Lune était aussi froide,
Qu'elle l'est aujourd'hui.
Il y a 18 ans,
Naissait cet esprit timoré,
Réfléchissant un peu trop,
Un peu trop égoïstement,
Un peu trop différemment.
Un peu trop raté.
L'envie que ce ne soit qu'un cauchemar,
A depuis longtemps fait son chemin,
Sans fin je regretterai le simple fait,
D'avoir débarqué sur cette planète déjà fanée.
Et quand je ferme les yeux,
Ce souhait paresseux de ne plus revenir,
Me rappelle cruellement que je ne suis qu'un lâche,
Et que je subirai la vie jusqu'à la descente sous Terre.
Avec certaines plaies trop béantes.
Rappelle-toi de moi quand tu seras tout en haut.
Rappelle-toi de moi quand tous les c½urs auront commencé a saigner,
Souviens-toi de moi quand la respiration se fera plus difficile.
Un rêve devenu obscène, celui de tout arrêter.
Rappelle-toi.
Quelques notes ont adouci le tout,
Mais je refuse que cette poussière s'effrite.
Viens-là, toi bientôt sur le déclin,
Dis-moi que j'ai bâti quelque chose,
Que j'ai construit plus que je n'ai détruit,
Que si je me suis tant battu avec moi-même,
Ce n'était pas pour que ce grain de sable s'envole.
Je n'entend plus rien, je ne vois plus rien,
Pas de sensibilité à vos lamentations,
Ou à vos prières qui vous ne purifierons pas.
L'heure des derniers au revoirs
Avant la totale indifférence à votre égard
Le Noir complet, en suspens, heureux ?
Ailleurs, en attendant.
Vinc.